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Château de la Bâtie d'Urfé — château à Saint-Étienne-le-Molard (42), monument historique (Classé MH)

Monument

Château de la Bâtie d'Urfé

à partir de 1547·Château / Demeure·Saint-Étienne-le-Molard (42)·Classé MH·Claude d'Urfé
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Château de la Bâtie d'Urfé — château à Saint-Étienne-le-Molard, Loire, intérieur, classé mh
Château de la Bâtie d'Urfé — château à Saint-Étienne-le-Molard, Loire, classé mh
Château de la Bâtie d'Urfé — château à Saint-Étienne-le-Molard (42), monument historique (Classé MH) — vue 4

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Quelle rareté abrite le château de la Bâtie d'Urfé ?

À voir

Petit par la taille, immense par le raffinement : le château de la Bâtie d'Urfé est l'un de ces lieux où la Renaissance française se fait la plus savante, la plus italienne, la plus intime. Un manifeste de culture bâti par un homme qui avait tout lu et tout vu.

Pour HitsMap, la Bâtie est un joyau de la Renaissance des lettrés : celle qui mêle l'architecture, la mythologie et la philosophie.

La grotte de rocaille : l'incontournable

Descendez d'abord vers la grotte de fraîcheur : c'est la seule grotte artificielle de la Renaissance conservée en France. Approchez-vous des murs : tout y est fait de galets, de coquillages et de sables colorés, assemblés en figures mythologiques et en motifs foisonnants. Cette esthétique de la « rocaille », venue des jardins italiens, transforme la pièce en un antre féerique. Nulle part ailleurs en France on ne peut voir chose semblable, intacte.

La chapelle : un écrin d'art total

Entrez ensuite dans la chapelle : elle réunissait, au milieu du XVIe siècle, le meilleur des arts. Onze tableaux de l'Italien Girolamo Siciolante en ornaient les murs (1549-1550) ; son sol était pavé de faïences de Masséot Abaquesne, le grand céramiste de Rouen. Peinture, céramique, sculpture : Claude d'Urfé y avait convoqué tous les savoir-faire, comme dans les plus belles chapelles d'Italie.

La galerie et le sphinx

Cherchez la galerie ouverte, portée par douze colonnes, où l'on se promenait à l'abri du soleil, et, sur la rampe cavalière qui monte à la demeure, la figure d'un sphinx — gardien mythologique tout droit sorti de la culture antique remise à l'honneur par la Renaissance. Chaque détail est une citation savante, un clin d'œil aux érudits.

Un décor voyageur

Sachez, en visitant, que la Bâtie fut en partie démembrée : une part de son décor a pris le chemin des musées. Les célèbres faïences qui pavaient la chapelle, comme d'autres éléments, sont aujourd'hui conservées ailleurs — au Louvre et à Écouen notamment. Ce que l'on admire sur place n'est donc qu'une part d'un ensemble jadis encore plus fastueux : de quoi imaginer le luxe originel du lieu.

La demeure d'un esprit

Plus qu'un château, la Bâtie est le portrait d'un homme. Chaque pièce, chaque devise, chaque figure mythologique renvoie aux lectures et aux idées de Claude d'Urfé — l'amour, la sagesse, la fraîcheur des sources, l'harmonie des Anciens. On ne visite pas seulement une architecture : on entre dans la tête d'un lettré de la Renaissance.

Les cinq angles de lecture HitsMap

  1. Historique — la demeure de Claude d'Urfé, ambassadeur au concile de Trente et gouverneur des enfants de France.
  2. Architectural — un petit palais Renaissance d'inspiration italienne, d'un raffinement rare.
  3. Artistique — la seule grotte de rocaille Renaissance conservée en France, et une chapelle d'art total.
  4. Intellectuel — un manifeste de culture, dédié à l'amour et à la philosophie.
  5. Littéraire — le pays de L'Astrée, le grand roman pastoral d'Honoré d'Urfé.

Pourquoi ce monument est essentiel pour comprendre la Renaissance

La Bâtie d'Urfé montre la Renaissance dans ce qu'elle a de plus profond : non pas seulement des façades élégantes, mais une manière de penser, de citer les Anciens, de faire de sa maison un livre. Ici, l'architecture dialogue avec la mythologie, la fraîcheur d'une grotte répond à la ferveur d'une chapelle, et la pierre elle-même se fait poésie. C'est la Renaissance comme art de vivre et art de penser, réunis sous un même toit.

Histoire

La Bâtie d'Urfé est née d'un amour et d'une passion pour les arts. À l'origine simple maison forte du XIIIe siècle, elle est transformée à partir de 1547 par Claude d'Urfé (1501-1558) — ambassadeur du roi au concile de Trente, gouverneur des enfants de France — en l'un des plus raffinés petits palais de la Renaissance française.

Claude d'Urfé avait longuement séjourné en Italie ; il en rapporte le goût du décor savant, des grottes, des devises, de la philosophie mise en images. Il fait de sa demeure du Forez un manifeste de culture, tout entier dédié, dit-on, à l'amour de son épouse et à sa passion pour le savoir. Peintres, sculpteurs et céramistes italiens et français y travaillent de concert.

Classée Monument historique dès 1912 et labellisée « Maison des Illustres », la Bâtie doit aussi sa célébrité à la littérature : c'est dans ce Forez, autour de ce château familial, que le petit-fils de Claude, Honoré d'Urfé, situera L'Astrée, le grand roman pastoral qui enchanta le XVIIe siècle. La demeure est ainsi doublement un lieu de la Renaissance : par ses pierres et par les rêves qu'elle a inspirés.

Claude d'Urfé fut l'un des grands serviteurs de la Couronne : ambassadeur au concile de Trente, il fut aussi le gouverneur des enfants de France, dont le futur Charles IX. C'est riche de cette expérience italienne et de cette culture qu'il transforma sa maison forte familiale en un petit palais des arts.

Contes, légendes & anecdotes

Le trésor de la Bâtie est une grotte : la seule grotte artificielle de la Renaissance conservée en France. Entièrement tapissée de galets, de coquillages et de sables colorés, peuplée de figures mythologiques, elle transformait un simple rez-de-chaussée en un antre magique, à la mode des jardins italiens. On y venait chercher la fraîcheur et l'émerveillement.

La chapelle, elle, était pavée de faïences de Masséot Abaquesne et ornée de onze tableaux du peintre italien Girolamo Siciolante. Quant à L'Astrée d'Honoré d'Urfé, roman-fleuve de plusieurs milliers de pages, elle fit de ce coin du Forez le pays imaginaire des bergers amoureux — au point que, longtemps, on visita la Bâtie comme on visite le décor d'un rêve.

Sources

  • Plateforme ouverte du patrimoine (base Mérimée / POP) — Château de la Bâtie d'Urfé
  • Département de la Loire / La Bâtie d'Urfé ; label Maison des Illustres
  • Wikipédia — Château de la Bâtie d'Urfé
  • Wikimedia Commons (photographies)

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Fiche mise à jour le 8 septembre 2026

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