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Château de Châteaudun — château à Châteaudun (28), monument historique (Classé MH)

Monument

Château de Châteaudun

1491–1518·Château / Demeure·Châteaudun (28)·Classé MH·Charles VIII, Louis XII, François Ier
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Château de Châteaudun — château à Châteaudun, Eure-et-Loir, classé mh
Château de Châteaudun — château à Châteaudun, Eure-et-Loir, façade, classé mh
Château de Châteaudun — château à Châteaudun, Eure-et-Loir, intérieur, classé mh

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Quiz du monument

De quel héros de la guerre de Cent Ans le château de Châteaudun fut-il la demeure ?

À voir

Un donjon, deux ailes, deux styles

Le meilleur moyen de comprendre Châteaudun est d'en lire les âges successifs. Commencez par le donjon : une tour parfaitement cylindrique de plus de trente mètres, aux murs épais de quatre mètres, pur ouvrage de défense du XIIᵉ siècle. Gagnez ensuite la cour, et comparez les deux ailes qui l'encadrent. À gauche, l'aile Dunois, gothique, hérissée de gâbles et d'arcs brisés ; à droite, l'aile Longueville, Renaissance, régulière et lumineuse. Entre les deux, tout un siècle d'histoire de l'art.

Les deux escaliers

Le contraste se lit surtout dans les escaliers. Celui de l'aile Dunois est encore gothique ; celui de l'aile Renaissance, lui, se déploie en loggias superposées ouvertes sur la cour, à l'italienne — l'un des plus beaux escaliers de sa génération. Passez de l'un à l'autre et vous franchissez, en quelques pas, le seuil qui sépare le Moyen Âge finissant de la Renaissance.

La Sainte-Chapelle

Ne manquez pas la Sainte-Chapelle, élevée par Dunois au milieu du XVᵉ siècle. Elle abrite un ensemble remarquable de statues de saints, sculptées et peintes, et conserve les traces d'une fresque du Jugement dernier. C'est l'un des rares ensembles de statuaire du XVᵉ siècle conservés en place, dans le cadre pour lequel il fut conçu.

Un balcon sur le Loir

Prenez enfin le temps de gagner les terrasses : le château domine la vallée du Loir d'une soixantaine de mètres, et la vue porte loin sur les toits de la vieille ville et la rivière. Cette position dominante, choisie pour des raisons défensives, offre aujourd'hui l'un des plus beaux panoramas du Dunois.

Un trésor de tapisseries

Les intérieurs de Châteaudun recèlent un trésor plus fragile que la pierre : un rare ensemble de tapisseries des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, tendues dans les grandes salles des ailes gothique et Renaissance. On y suit des suites tissées inspirées des grands récits de l'époque — parmi elles, des scènes empruntées à la Jérusalem délivrée du Tasse, ce poème chevaleresque qui enflamma l'imaginaire de la Renaissance. Ces tentures n'étaient pas un simple décor : au fil des saisons et des déplacements de la cour, on les roulait, on les transportait de château en château, et elles disaient partout la culture et la fortune de leurs propriétaires. Prenez le temps de vous en approcher : la finesse des laines et des soies, la vivacité conservée des couleurs, la richesse des bordures racontent le luxe d'un grand seigneur du Val de Loire. Ajoutées aux statues peintes de la Sainte-Chapelle et aux deux escaliers, gothique et Renaissance, elles font de Châteaudun un abrégé complet de l'art des XVᵉ et XVIᵉ siècles — un lieu où l'on entre comme dans un manuel d'histoire de l'art, à ceci près que tout y est vrai, en place, et éclairé par la lumière qui monte de la vallée du Loir.

Infos pratiques

Ouvert toute l'année (mai à début septembre : 10h–13h et 14h–18h ; le reste de l'année : 10h–12h30 et 14h–17h30 ; fermé les 1ᵉʳ janvier, 1ᵉʳ mai et 25 décembre). Plein tarif 7 €, gratuit pour les moins de 18 ans et les 18–25 ans ressortissants de l'Union européenne. Place Jehan de Dunois, à Châteaudun ; gare à proximité, sur l'itinéraire « Le Loir à vélo ».

Histoire

Dressé sur un éperon rocheux à quelque soixante mètres au-dessus de la vallée du Loir, le château de Châteaudun raconte, à lui seul, cinq siècles d'architecture française. Son élément le plus ancien est le donjon, une puissante tour cylindrique élevée vers 1180 par le comte Thibaut V — l'un des plus grands donjons circulaires conservés de France.

En 1439, le château passe à Jean de Dunois, le « Bâtard d'Orléans », demi-frère du poète Charles d'Orléans et surtout compagnon d'armes de Jeanne d'Arc pendant la guerre de Cent Ans. C'est lui qui, au milieu du XVᵉ siècle, fait édifier la Sainte-Chapelle et une première aile résidentielle, dans le style du gothique flamboyant. Ses descendants, la famille de Longueville, poursuivent l'œuvre au début du XVIᵉ siècle en ajoutant une seconde aile, celle-là toute pénétrée de l'esprit nouveau de la Renaissance.

Le château illustre ainsi, sur un même site, le passage d'un âge à l'autre : du donjon roman à l'aile gothique de Dunois, puis à l'aile Renaissance des Longueville. Passé aux ducs de Luynes en 1694, il est acquis par l'État en 1938 et confié aujourd'hui au Centre des monuments nationaux, qui en assure la visite.

Rares sont les châteaux à donner à voir, réunis en un seul lieu, autant de siècles d'architecture — du donjon roman à l'escalier Renaissance, en passant par la Sainte-Chapelle gothique. C'est ce qui fait de Châteaudun l'une des étapes majeures pour qui veut comprendre comment, entre le XIIᵉ et le XVIᵉ siècle, la forteresse de guerre s'est peu à peu muée en demeure de plaisance, à la lisière du Val de Loire et des grandes plaines de la Beauce.

Contes, légendes & anecdotes

Châteaudun, c'est d'abord la demeure d'un héros. Jean de Dunois, le « Bâtard d'Orléans », fut l'un des plus fidèles compagnons de Jeanne d'Arc : il combattit à ses côtés lors de la levée du siège d'Orléans, en 1429, et resta l'un des grands capitaines de la reconquête du royaume. C'est en récompense de ses services qu'il reçut le château, et c'est lui qui lança le chantier de la Sainte-Chapelle. La place qui s'étend devant l'entrée porte encore son nom.

Le château garde aussi un trésor plus fragile : une exceptionnelle collection de tapisseries des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, tendues dans les grandes salles. Naguère, ces tentures n'étaient pas seulement un décor : on les emportait de château en château, elles réchauffaient les murs et affichaient, au fil des scènes tissées, la culture et la fortune de leurs propriétaires.

Sources

  • Base Mérimée, notice PA00097021 (POP, ministère de la Culture)
  • Château de Châteaudun — Centre des monuments nationaux (informations pratiques)
  • Wikipédia, « Château de Châteaudun »

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Fiche mise à jour le 8 septembre 2026

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