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Château de Chémery — château à Chémery (41), monument historique (Inscrit MH)

Monument

Château de Chémery

XVe–XVIe s.·Château / Demeure·Chémery (41)·Inscrit MH·Charles VIII, Louis XII, François Ier
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Château de Chémery — château à Chémery, Loir-et-Cher, classé mh
Château de Chémery — château à Chémery (41), monument historique (Inscrit MH) — vue 3

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Quiz du monument

Pourquoi certaines fenêtres du château de Chémery furent-elles murées au XVIIIᵉ siècle ?

À voir

Un château cerné de douves

Approchez Chémery et laissez le regard suivre le tracé des douves qui enserrent la cour, presque carrée, protégée sur trois côtés. Au sud, un ancien pont-levis menait à la porte fortifiée ; à l'ouest, une passerelle de bois franchit l'eau. Cherchez, au-dessus de l'entrée, la tourelle en encorbellement et les mâchicoulis du XVᵉ siècle : ces éléments de défense, encore bien lisibles, rappellent qu'avant d'être une demeure d'agrément, Chémery fut une place à tenir.

Le côté médiéval

Gagnez la partie ouest, la plus ancienne : elle date du XIIIᵉ siècle. Au rez-de-chaussée, une vaste salle basse conserve sa cheminée et, sur ses murs, des traces de peinture ancienne ; un escalier logé dans une tour dessert les étages. On est ici dans le château fort primitif, celui des premiers seigneurs de Chémery, à l'atmosphère grave et fraîche des vieilles pierres.

Le côté Renaissance

Tournez-vous vers l'est : les corps de logis y furent remaniés au XVIᵉ siècle, dans le goût de la Renaissance, et reliés par une galerie de bois. Le contraste avec la partie médiévale est éloquent : d'un côté la défense, de l'autre le confort et l'ouverture. Aux abords, ne manquez pas les dépendances agricoles, dont une grange dîmière et un ancien colombier, témoins de la longue vie rurale du domaine.

Un château sauvé par des passionnés

Ce qui frappe le plus à Chémery, c'est peut-être l'aventure de sa restauration. Depuis 1981, ses propriétaires remontent, consolident, rouvrent les fenêtres jadis murées, avec la patience des chantiers menés sur des décennies. Le château se visite, mais propose aussi des chambres d'hôtes et une salle de réception, et conserve une curieuse collection de gravures sur l'histoire du costume — autant de manières de faire vivre le lieu et de financer sa renaissance. On visite Chémery comme on encourage une entreprise de longue haleine : avec sympathie.

Aux portes de la Sologne

Chémery se niche dans un pays de forêts, d'étangs et de vignes, à la lisière de la Sologne et du Val de Cher, à quelques encablures des grands châteaux de la Loire — Chambord, Cheverny et Chenonceau ne sont pas loin. Loin de la foule qui se presse dans ces hauts lieux, il offre le charme d'une étape confidentielle : ici, pas de files d'attente ni de parkings bondés, mais un château habité que l'on découvre à son rythme, souvent guidé par ses propriétaires eux-mêmes. C'est aussi un pays de vin — les appellations de Touraine et de Cheverny s'étendent alentour —, et l'on peut prolonger la visite par une halte chez un vigneron. Chémery est de ces lieux qui rappellent que le patrimoine ligérien ne se réduit pas à quelques monuments illustres : il vit aussi, plus discrètement, dans une multitude de demeures que des passionnés maintiennent debout.

Infos pratiques

En saison, le château se visite librement, de 11h à 18h, à l'aide d'un livret de visite ; hors saison, l'accès se fait sur rendez-vous. Comptez environ 9 € pour un adulte, 6 € pour un enfant. Les horaires pouvant varier, mieux vaut consulter le site officiel ou téléphoner avant de venir. Rue du Château, à Chémery (Loir-et-Cher), en retrait de la RD 956, entre Selles-sur-Cher et Contres.

Histoire

Aux confins de la Sologne et du Val de Cher, le château de Chémery mêle, sur un même site cerné de douves, la rudesse d'une forteresse médiévale et la douceur d'un logis Renaissance. Le lieu est ancien : dès 1236, un certain Regnault de Chémery en est le seigneur, et la partie la plus vénérable du château — une grande salle basse à cheminée, un escalier logé dans une tour — remonte au XIIIᵉ siècle.

Au XVᵉ siècle, on renforce les défenses : une tourelle en encorbellement et des mâchicoulis viennent protéger la porte d'entrée, tandis qu'un pont-levis commande l'accès. Puis, au XVIᵉ siècle, l'esprit de la Renaissance gagne Chémery : le logis est remanié, adouci, ouvert. Le château passe entre les mains de grandes familles — les Chalon-Tonnerre, puis les Beauvilliers ; en 1539, il appartient à René de Beauvilliers, deuxième comte de Saint-Aignan, ce qui le relie à la puissante lignée du château voisin.

L'histoire aurait pu mal finir. À partir de 1729, déclassé, le château est transformé en simple ferme, et l'on va jusqu'à murer ses fenêtres pour échapper à l'impôt. Il faudra attendre 1981, et l'arrivée d'un architecte passionné, Axel Fontaine, et de son épouse Cécile, pour que la vieille demeure renaisse : depuis, une restauration patiente, appuyée sur des chantiers de bénévoles, lui a rendu son visage et sa vie.

Contes, légendes & anecdotes

Chémery garde le souvenir d'une ruse fiscale devenue cicatrice d'architecture. Sous l'Ancien Régime, puis surtout après la Révolution, l'impôt se calculait en partie sur le nombre de portes et de fenêtres d'un bâtiment : plus une demeure était ajourée, plus son propriétaire payait. Devenu ferme, le château vit donc, au XVIIIᵉ siècle, plusieurs de ses fenêtres purement et simplement murées — façon d'alléger la note. Les regarder aujourd'hui, ces baies aveugles rouvertes par les restaurateurs, c'est lire dans la pierre toute une histoire de l'impôt et des économies paysannes.

La véritable légende de Chémery, pourtant, est contemporaine : c'est celle de son sauvetage. Laissé à l'abandon, promis à la ruine, le château a été racheté en 1981 par un couple d'amoureux du patrimoine qui, depuis, ne cessent de le relever pierre à pierre, avec l'aide de bénévoles réunis chaque année. Chémery est ainsi l'exemple, de plus en plus rare, d'un monument sauvé non par l'État ni par un mécène fortuné, mais par l'obstination de particuliers.

Sources

  • Base Mérimée, notice PA00098412 (POP, ministère de la Culture)
  • Château de Chémery — site officiel (chateaudechemery.fr)
  • Wikipédia, « Château de Chémery »

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Fiche mise à jour le 8 septembre 2026

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