Quel futur président de la République naquit au château de Sully (Saône-et-Loire) en 1808 ?
À voir
Un grand quadrilatère Renaissance
Approchez Sully et prenez la mesure de son ampleur : un vaste quadrilatère de bâtiments s'organise autour d'une cour d'honneur intérieure, ceint de douves en eau que franchissent des ponts. C'est le plus grand des châteaux Renaissance du sud de la Bourgogne, et sa cour, régulière et monumentale, justifie à elle seule le surnom de « Fontainebleau bourguignon ». Faites-en le tour extérieur, le long de l'eau, pour saisir l'unité de cet immense ensemble.
La cour d'honneur
Pénétrez dans la cour : c'est le cœur du château, œuvre de l'architecte Nicolas Ribonnier pour le maréchal de Saulx-Tavannes, vers 1570. Les façades ordonnées, rythmées de travées et de fenêtres à meneaux, s'y répondent d'un côté à l'autre. Amusez-vous à repérer la façade sud : reconstruite en 1887 à l'identique de la façade d'honneur, elle prolonge sans rupture l'harmonie Renaissance — preuve du soin apporté par les Mac-Mahon à l'entretien de leur demeure.
Un château habité
Sully n'est pas un musée : c'est une maison de famille, habitée depuis des générations par les Mac-Mahon. La visite guidée conduit à travers les appartements meublés, où mobilier, portraits et souvenirs racontent la vie d'une grande lignée — jusqu'au berceau du président. Cette dimension vivante, rare pour un monument de cette taille, donne à la visite une chaleur particulière.
Les communs et le parc
Ne négligez pas les abords : Sully conserve de remarquables communs, dont un petit théâtre à l'italienne, d'anciennes cuisines en sous-sol, une orangerie, un colombier et un lavoir. Autour s'étendent un parc paysager, un potager, un verger et un vivier — tout un domaine, quasi autarcique, tel qu'on le concevait autrefois. La statue du maréchal de Mac-Mahon veille dans le parc, rappelant l'enfant du lieu devenu président.
Deux grandes familles
L'histoire de Sully se lit à travers deux grandes familles. Les Saulx-Tavannes, d'abord : Gaspard de Saulx, maréchal de France et homme de guerre des guerres de Religion, est le véritable bâtisseur du château Renaissance ; c'est sa fortune et son ambition qui dressèrent, vers 1570, ce vaste quadrilatère. Puis les Mac-Mahon, venus d'Irlande et ralliés à la France, qui firent de Sully leur berceau — jusqu'à donner à la République son deuxième président. De la cour de Bourgogne aux fastes du Second Empire, de la Renaissance à la Troisième République, le château a traversé les régimes sans jamais cesser d'être habité. C'est cette continuité, jointe à l'ampleur du décor, qui fait de Sully l'un des monuments majeurs de la Bourgogne du sud — et l'un des rares où l'on peut, en une seule visite, remonter quatre siècles d'histoire de France.
Infos pratiques
Le château se visite en saison (généralement jusqu'à la Toussaint), en visite guidée des intérieurs et du parc, sur réservation ; des formules complètent la visite classique (cuisines, théâtre à l'italienne). Les horaires et tarifs, non toujours affichés en ligne, sont à confirmer sur le site officiel ou auprès de l'office de tourisme. À Sully (Saône-et-Loire), entre Autun et Beaune.
Histoire
En Bourgogne du sud, entre Autun et Beaune, le château de Sully déploie l'un des plus vastes ensembles Renaissance de la région — au point qu'on l'a surnommé « le Fontainebleau bourguignon ». Sur un site tenu au Moyen Âge par les Rabutin, la seigneurie passe en 1515 à la famille de Saulx. C'est vers 1570 que Gaspard de Saulx-Tavannes, maréchal de France, entreprend d'y bâtir un grand château Renaissance : il confie les plans à l'architecte Nicolas Ribonnier, qui dessine la cour d'honneur et la façade ouest ; sa veuve poursuivra l'œuvre en harmonisant l'ensemble.
Au XVIIIᵉ siècle, le domaine entre, par mariage, dans la famille de Mac-Mahon — d'origine irlandaise, naturalisée et anoblie en France. C'est là que naît, le 13 juin 1808, Patrice de Mac-Mahon, futur maréchal de France, duc de Magenta et président de la République de 1873 à 1879 : Sully est le seul château à avoir vu naître un chef de l'État français.
Au fil des siècles, le château s'enrichit encore : escalier monumental vers 1850, puis, en 1887, reconstruction de la façade sud en style néo-Renaissance, copie fidèle de la façade d'honneur d'origine. Toujours propriété et résidence de la famille de Mac-Mahon (ducs de Magenta), Sully se visite dans son cadre habité, entre douves en eau, cour Renaissance et vastes communs.
Contes, légendes & anecdotes
« Le Fontainebleau bourguignon » : c'est, dit la tradition, la marquise de Sévigné — parente des Rabutin, anciens seigneurs de Sully — qui aurait ainsi salué la magnificence du château. La formule est restée, et l'on comprend pourquoi devant l'ampleur de la cour d'honneur Renaissance, digne d'une demeure royale.
Sully porte aussi un titre unique : celui d'être le berceau d'un président de la République. C'est ici, le 13 juin 1808, que vint au monde Patrice de Mac-Mahon, qui deviendra maréchal de France, vainqueur de Magenta, puis chef de l'État de 1873 à 1879 — le premier président à habiter le palais de l'Élysée. Aucun autre château français ne peut se prévaloir d'avoir vu naître un président. Curiosité d'historien de l'art, la façade sud du château est par ailleurs une « fausse » Renaissance : reconstruite en 1887, elle copie si fidèlement la façade d'origine que l'œil s'y trompe — bel exemple de l'art de la restauration au XIXᵉ siècle.
Sources
- Base Mérimée, notice PA00113483 (POP, ministère de la Culture)
- Château de Sully — site officiel (histoire, visites)
- Wikipédia, « Château de Sully » et « Patrice de Mac Mahon »
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Fiche mise à jour le 8 septembre 2026






