Quel est l'élément le plus célèbre du palais ducal de Nancy ?
À voir
La Porterie, dentelle de pierre
Remontez la Grande-Rue de Nancy et arrêtez-vous devant la Porterie : c'est le chef-d'œuvre du palais. Ce porche monumental, élevé au début du XVIᵉ siècle, est une véritable dentelle de pierre — gâbles ajourés, pinacles, arc en accolade, foisonnement d'ornements du gothique flamboyant, auxquels se mêlent déjà les premiers motifs venus de la Renaissance italienne. Levez les yeux vers la niche : le duc Antoine de Lorraine y caracole, figé dans la pierre. C'est l'un des plus beaux exemples de cet art de transition, entre deux mondes et deux styles.
Les façades ducales
Prenez le temps de longer les façades du XVIᵉ siècle qui donnent sur la Grande-Rue, avec leurs fenêtres et leur décor. Sachez toutefois distinguer, dans ce que vous voyez, les parties authentiquement anciennes des restaurations menées au XIXᵉ siècle après l'incendie de 1871 : le palais est un palimpseste, où chaque siècle a laissé sa main. C'est cette superposition, plus qu'une pureté de style, qui fait sa richesse.
Le Musée lorrain
Le palais abrite le Musée lorrain, consacré à l'histoire, à l'art et aux traditions de la Lorraine, des ducs aux artistes de l'École de Nancy. Sa pièce maîtresse est la galerie des Cerfs, immense salle d'apparat restaurée après l'incendie, où se déployaient les grandes expositions. Le musée conserve des milliers d'œuvres — sculptures, peintures, objets d'art, souvenirs des ducs — qui racontent mille ans d'une principauté singulière.
Un chantier du siècle
Il faut le savoir avant de venir : le musée est aujourd'hui fermé pour une rénovation d'ampleur, engagée en 2018, qui doit métamorphoser le palais et ses présentations. Le chantier, long et complexe, ne rouvrira pas les portes du musée avant la fin de la décennie. En attendant, la Porterie et les façades restent visibles depuis la rue, et l'église des Cordeliers voisine, panthéon des ducs de Lorraine, demeure accessible.
Nancy, ville des ducs
Le palais ducal ne prend tout son sens que replacé dans sa ville. Nancy fut la capitale d'un État à part, le duché de Lorraine, longtemps indépendant de la France — il ne lui fut définitivement rattaché qu'en 1766, à la mort de son dernier duc, l'ancien roi de Pologne Stanislas Leszczynski. De cette histoire singulière, la ville a gardé un patrimoine exceptionnel : la place Stanislas, chef-d'œuvre du XVIIIᵉ siècle inscrit au patrimoine mondial, la vieille ville que commande la Porte de la Craffe, et ce palais ducal qui en fut longtemps le cœur politique. Nancy est aussi l'un des berceaux de l'Art nouveau, avec l'École de Nancy dont le Musée lorrain conserve la mémoire. Visiter le palais, même fermé, c'est donc s'approcher d'une capitale qui fut, des ducs de la Renaissance au bon roi Stanislas, l'une des plus brillantes de l'est de la France.
Infos pratiques
Le palais ducal, siège du Musée lorrain, est fermé au public depuis 2018 pour un vaste chantier de rénovation ; la réouverture du musée est attendue vers la fin de la décennie, à un horizon encore incertain. La Porterie et les façades se découvrent librement depuis la Grande-Rue ; l'église des Cordeliers, dépendance du musée et nécropole des ducs, reste ouverte à la visite. 64 Grande-Rue, dans la vieille ville de Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Histoire
Au cœur de la vieille ville de Nancy, le palais ducal fut la résidence des ducs de Lorraine, ces princes qui régnèrent, des siècles durant, sur un État indépendant coincé entre la France et l'Empire. En 1477, sous les murs de Nancy, le duc René II écrase et tue Charles le Téméraire, le puissant duc de Bourgogne : cette victoire ouvre une ère de prospérité, dont le palais reconstruit est le symbole.
C'est René II qui lance, en 1502, la reconstruction de la demeure ; son fils Antoine de Lorraine l'achève vers 1512. De cette campagne date le joyau du palais : la Porterie, un porche monumental élevé en 1511-1512, à la charnière du gothique flamboyant et de la Renaissance, surmonté de la statue équestre du duc Antoine. Au début du XVIIIᵉ siècle, le duc Léopold fit raser une grande partie du vieux palais pour bâtir un « Louvre lorrain » dessiné par l'architecte Germain Boffrand — projet grandiose, mais abandonné faute de moyens.
Marqué par la Révolution, puis par un incendie en 1871, le palais devint au XIXᵉ siècle le siège du Musée lorrain, l'un des plus riches musées d'histoire régionale de France. Fermé depuis 2018 pour un vaste chantier de rénovation, il n'en demeure pas moins, par sa Porterie, l'un des monuments les plus admirés de Nancy.
Contes, légendes & anecdotes
La Porterie de Nancy garde le souvenir d'une statue deux fois née. Dans la niche qui surmonte le grand portail trône le duc Antoine de Lorraine à cheval. Mais l'effigie que l'on voit n'est pas l'originale du XVIᵉ siècle : celle-ci, œuvre du sculpteur Mansuy Gauvain, fut détruite à la Révolution, en 1792. C'est une nouvelle statue, taillée en 1851 par Giorné Viard à l'issue d'un concours, qui a repris sa place — de sorte que le duc, chassé de son perchoir par les révolutionnaires, y est finalement remonté un demi-siècle plus tard.
Le palais a aussi perdu, dans les flammes, l'un de ses trésors. La galerie des Cerfs, vaste salle d'apparat, aurait possédé le premier plafond à caissons de France orné de scènes peintes ; l'incendie de 1871 le réduisit en cendres. Quant au rêve du duc Léopold — un « Louvre » lorrain rival de celui de Paris —, il ne reste qu'un pan de mur, vestige d'une ambition trop grande pour les finances du duché.
Sources
- Base Mérimée, notice PA00106304 (POP, ministère de la Culture)
- Musée lorrain — site officiel (projet de rénovation)
- Ville de Nancy — grand projet du Musée lorrain
- Wikipédia, « Palais des ducs de Lorraine »
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Fiche mise à jour le 8 septembre 2026






