HitsMap
Manoir de Saint-Germain-de-Livet — château à Saint-Germain-de-Livet (14), monument historique (Classé MH)

Monument

Manoir de Saint-Germain-de-Livet

XVe–XVIe s.·Château / Demeure·Saint-Germain-de-Livet (14)·Classé MH·Charles VIII, Louis XII, François Ier
◄ Tous les sites Renaissance en Normandie
Manoir de Saint-Germain-de-Livet — château à Saint-Germain-de-Livet, Calvados, classé mh
Manoir de Saint-Germain-de-Livet — château à Saint-Germain-de-Livet (14), monument historique (Classé MH) — vue 3

Sur place ? Réclamez votre carte et vos points de visite.

Quiz du monument

Qu'est-ce qui fait la célébrité visuelle du manoir de Saint-Germain-de-Livet ?

À voir

Un reflet dans les douves

Approchez Saint-Germain-de-Livet par son parc et laissez le tableau se composer : le manoir, entouré de douves en eau, se mire dans leur miroir, et l'on y accède par une passerelle. C'est l'image même des demeures normandes de l'ancien temps, où l'eau tenait lieu de défense et de décor. Faites-en le tour pour saisir le contraste entre les deux âges du lieu — le bois sombre du logis médiéval, la pierre claire et colorée du châtelet Renaissance.

Le logis à pans de bois

Détaillez d'abord la partie la plus ancienne : le logis à colombages, élevé au XVᵉ siècle, avec sa tour d'escalier héritée de la vieille forteresse. Ce pan de bois, chaleureux et irrégulier, est typique des manoirs du Pays d'Auge, ce pays de vergers et de haras où l'on bâtissait de charpente autant que de pierre. Il forme le cœur habité de la demeure.

Le châtelet en damier

Tournez-vous ensuite vers le châtelet Renaissance, flanqué de deux tourelles : c'est le joyau du manoir. Son appareil en damier de pierre et de brique vernissée compose un décor géométrique d'une élégance rare, prolongé par la galerie à l'italienne qui borde la cour pentagonale. On mesure là tout le chemin parcouru depuis le logis de bois : la Renaissance, avec ses couleurs et ses arcades, a fait son entrée dans le Pays d'Auge.

Un château-musée

À l'intérieur, la visite conduit à travers des salles ornées de cheminées et de peintures anciennes, meublées grâce au legs des derniers propriétaires. On y admire les collections, dont les tableaux de Léon Riesener, dans l'atmosphère préservée d'une demeure habitée. Le jardin, où se promènent des paons, achève de donner au lieu son charme de conte.

Au pays des manoirs augerons

Saint-Germain-de-Livet n'est pas un cas isolé : le Pays d'Auge est le pays des manoirs. Sur ses collines et dans ses vallons se cachent des dizaines de ces demeures à pans de bois, entourées de vergers à cidre et de haras, bâties du XVᵉ au XVIIᵉ siècle par une petite noblesse rurale attachée à sa terre. Ce qui distingue Saint-Germain, c'est d'avoir ajouté à cette tradition normande le raffinement coloré de la Renaissance — mariage heureux qui en fait l'un des plus beaux fleurons de la région, à découvrir au fil d'une route buissonnière entre Lisieux et Saint-Pierre-en-Auge.

Infos pratiques

Le château-musée ouvre en saison, généralement de mai à septembre (mercredi-dimanche au printemps, tous les jours en juillet-août) ; l'accès au parc est libre et gratuit, les intérieurs se visitent avec un guide. Les horaires et l'état de restauration pouvant varier, mieux vaut vérifier auprès du pôle muséal de Lisieux Normandie avant de venir. À Saint-Germain-de-Livet (Calvados), près de Lisieux.

Histoire

Dans un vallon verdoyant du Pays d'Auge, à quelques kilomètres de Lisieux, le manoir de Saint-Germain-de-Livet est l'un des plus séduisants témoins de la Renaissance normande. Le site fut d'abord une place forte médiévale ; en 1462, Jeanne Louvet et son époux Pierre de Tournebu y élèvent un vaste logis à pans de bois, dans la tradition des manoirs augerons.

Un siècle plus tard, la demeure prend son visage le plus célèbre. Vers 1584, sous Jean de Tournebu et son épouse Marie de Croismare, on ajoute un châtelet d'entrée à l'étonnant décor en damier de pierre et de brique vernissée ; en 1588, une galerie à l'italienne, portée sur des arcades, vient border la cour. Manoir médiéval de bois et château Renaissance de pierre polychrome se répondent ainsi, réunis autour des mêmes douves.

Resté dans la famille de Tournebu jusqu'au début du XIXᵉ siècle, le manoir passa ensuite entre diverses mains, avant qu'Augusta Pillaut n'en fasse don, en 1957, à la ville de Lisieux, avec tout son mobilier et ses collections. Devenu château-musée, labellisé Musée de France, il conserve notamment des œuvres du peintre Léon Riesener, cousin d'Eugène Delacroix.

Restauré et ouvert au public, entouré de son parc et de ses douves où glissent les cygnes, il demeure l'un des buts de promenade les plus charmants des environs de Lisieux — un condensé, en un seul lieu, de tout l'art de bâtir normand, du colombage médiéval au damier coloré de la Renaissance.

Contes, légendes & anecdotes

La signature de Saint-Germain-de-Livet, c'est son damier. Le châtelet Renaissance mêle, en un motif d'échiquier, la pierre blanche de Caen et la brique vernissée du Pré-d'Auge, aux tons dominants de vert et de rouge. Cette polychromie, rare en Normandie, trahit l'influence italienne qui gagnait alors la France : on ne bâtissait plus seulement pour se protéger, mais pour éblouir, et la façade devenait tableau.

Le manoir garde aussi le souvenir d'une famille d'artistes. Léon Riesener, peintre du XIXᵉ siècle dont le musée conserve les œuvres, était le cousin d'Eugène Delacroix et le petit-fils de Jean-Henri Riesener, le plus grand ébéniste de Louis XVI. C'est par cette parenté que le manoir, devenu musée grâce au legs des Pillaut, se trouve lié à quelques-uns des plus beaux noms de l'art français.

Sources

  • Base Mérimée, notice PA00111671 (POP, ministère de la Culture)
  • Ville de Lisieux Normandie — château-musée de Saint-Germain-de-Livet
  • Wikipédia, « Château de Saint-Germain-de-Livet »

Votre avis nous dit quoi améliorer : les photos, le texte, la position.

Fiche mise à jour le 8 septembre 2026

Pour aller plus loin

Personnages illustres associés