Que peut-on admirer dans la galerie des Illustres du château de Beauregard ?
À voir
Au sud de Blois, le château de Beauregard cache derrière sa façade sobre l'une des plus étonnantes galeries de France : un mur de 327 visages qui racontent, à eux seuls, trois siècles d'histoire. C'est un château-mémoire autant qu'un joyau de la Renaissance.
Pour HitsMap, Beauregard illustre une Renaissance savante et lettrée : celle des amateurs d'art, des poètes et des collectionneurs.
La galerie des Illustres : l'incontournable
Entrez dans la grande galerie et laissez le regard grimper : 327 portraits s'y déploient sur trois niveaux, de Philippe VI à Louis XIII. Rois de France et d'Europe, reines, ministres, capitaines : tout le personnel de l'Histoire est là, aligné comme dans un album géant. Prenez le temps d'en repérer quelques-uns — c'est un jeu de piste dans le pouvoir des siècles passés, unique au monde par son ampleur.
Le sol de Delft
Baissez ensuite les yeux : le sol de la galerie est pavé de quelque 5 500 carreaux de faïence de Delft, où défile une armée entière, régiment par régiment, en costume Louis XIII. Rares sont les pavements aussi précieux et aussi narratifs : ici, même le sol raconte une histoire.
Le cabinet des Grelots
Cherchez le petit cabinet des Grelots, l'un des plus délicats décors Renaissance de la région. Levez la tête vers son plafond à caissons : un grand octogone central entouré de huit hexagones, tout finement sculpté. Le nom vient des grelots des armoiries de Jean du Thier — une signature discrète du maître des lieux.
Les jardins et le parc
En sortant, prenez le temps de flâner dans le parc et les jardins, inscrits au titre des sites depuis 1993. On y a même dessiné un « jardin des Portraits », clin d'œil végétal à la galerie des Illustres : des carrés de couleurs comme autant de tableaux vivants. La Renaissance, ici, se prolonge à ciel ouvert.
Un décor réservé à qui entre
Ne quittez pas l'intérieur sans détailler les galeries et les cheminées : leur ornementation trahit l'influence italienne qui gagnait alors la France. Beauregard n'est pas un château de démonstration extérieure ; c'est un écrin, dont tout le raffinement se réserve à qui franchit le seuil. Chaque pièce y compose une atmosphère, entre étude savante et cabinet précieux.
Les cinq angles de lecture HitsMap
- Historique — la demeure de Jean du Thier, ministre des finances d'Henri II et ami de la Pléiade.
- Architectural — un pavillon Renaissance au décor raffiné, du cabinet des Grelots au grand escalier.
- Artistique — la galerie des Illustres, 327 portraits, l'une des plus vastes au monde.
- Symbolique — un château-mémoire, où l'on collectionne les visages du pouvoir.
- Sensible — le sol de Delft, où même les carreaux racontent une bataille.
Pourquoi ce monument est essentiel pour comprendre la Renaissance
Beauregard montre que la Renaissance ne fut pas que l'art de bâtir, mais aussi l'art de savoir et de se souvenir. Chez Jean du Thier comme chez Paul Ardier, la demeure devient un livre : on y aligne les grands hommes, on y peint l'Histoire, on transforme le mur en bibliothèque de visages. C'est la Renaissance comme passion de la mémoire — celle qui, en rassemblant le passé, cherchait déjà à le comprendre.
Histoire
Le château de Beauregard, à quelques kilomètres au sud de Blois, doit sa splendeur à un homme de finance et de goût : Jean du Thier, secrétaire d'État chargé des finances d'Henri II, qui acquiert et transforme le domaine à partir de 1545. Amateur d'art et de lettres, proche des poètes de la Pléiade, il fait de Beauregard un raffiné pavillon Renaissance, dont le cabinet des Grelots témoigne encore de l'exigence.
Mais la gloire de Beauregard vient d'un projet plus tardif et plus ambitieux : au début du XVIIe siècle, Paul Ardier, trésorier de l'Épargne, aménage dans la grande galerie une extraordinaire galerie des Illustres — une collection de 327 portraits retraçant, règne après règne, l'histoire du pouvoir en France et en Europe. Ce cabinet de mémoire, unique en son genre, demanda des décennies et fit du château un livre d'histoire peint.
Classé Monument historique dès 1840, toujours habité et privé, Beauregard accueille chaque année des milliers de visiteurs venus contempler ce panthéon de peinture. Renaissance par ses origines, encyclopédique par sa galerie, le château conjugue l'art de bâtir et l'art de se souvenir.
Le château, resté dans la même famille — les descendants du Pavillon —, se visite toujours et reçoit chaque année des milliers de curieux venus contempler ce panthéon peint, l'un des plus étonnants de France.
Contes, légendes & anecdotes
La galerie des Illustres est un vertige : 327 portraits couvrent ses murs sur trois niveaux, du roi Philippe VI (1328) à Louis XIII (1643) — souverains, ministres, favorites, grands hommes de toute l'Europe. C'est l'une des plus vastes galeries de portraits historiques au monde, un « qui est qui » du pouvoir peint à hauteur de regard.
Sous vos pieds, ne manquez pas le sol : quelque cinq mille cinq cents carreaux de faïence de Delft y figurent une armée en marche, régiment par régiment, en costume du temps de Louis XIII. Quant au cabinet des Grelots, petit bureau lambrissé, il tire son nom des grelots des armoiries de Jean du Thier : son plafond à caissons, un grand octogone entouré de huit hexagones finement sculptés, compte parmi les plus jolis décors Renaissance de la région.
Sources
- Plateforme ouverte du patrimoine (base Mérimée / POP) — Château de Beauregard
- Château de Beauregard (site officiel)
- Wikipédia — Château de Beauregard (Loir-et-Cher)
- Wikimedia Commons (photographies)
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Fiche mise à jour le 8 septembre 2026












