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Château de Charleval – ruines — château à Charleval (27)

Monument

Château de Charleval – ruines

projet ~1570, jamais achevé·Château / Demeure·Charleval (27)·Charles IX, Henri III
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Château de Charleval – ruines — château à Charleval, Eure, classé mh
Château de Charleval – ruines — château à Charleval, Eure, façade, classé mh
Château de Charleval – ruines — château à Charleval, Eure, intérieur, classé mh

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Quiz du monument

Qu'est-il advenu du palais Renaissance rêvé par Charles IX à Charleval ?

À voir

Le palais rêvé de Charles IX

Ne cherchez pas à Charleval un château dressé sur la campagne : il n'existe pas, ou presque. Ce que l'on découvre dans le bourg, ce sont de modestes vestiges — des traces des anciens fossés, un bâtiment de communs, une cheminée monumentale remployée dans la salle des fêtes de la commune, qui porte d'ailleurs le nom de « Charles IX ». Il faut, pour comprendre le lieu, faire un effort d'imagination : ici devait s'élever un palais parmi les plus grands d'Europe.

Un château de papier

Le vrai Charleval, il faut le chercher dans les livres. Les gravures de Jacques Androuet du Cerceau en gardent l'image complète : un plan gigantesque, d'une symétrie parfaite, organisé autour de plusieurs cours et ceinturé de canaux d'eau vive. On y lit l'ambition d'un roi et d'un architecte, le goût de la Renaissance pour la régularité et la mesure poussé jusqu'au vertige. Regarder ces gravures, c'est visiter un monument que nul n'a jamais habité.

Une aventure interrompue

L'histoire de Charleval est celle d'un chantier maudit. Lancé en pleine tourmente des guerres de Religion, après le massacre de la Saint-Barthélemy, il ne survécut pas à la disparition de son commanditaire. Charles IX mort, plus personne n'eut les moyens ni l'envie de poursuivre un projet aussi coûteux. Le palais resta à l'état de fondations, comme suspendu, avant que le temps n'efface presque tout.

Le nom d'un roi

Il reste pourtant quelque chose de ce rêve : le nom du village. C'est Charles IX lui-même qui, en 1573, baptisa le lieu « Charleval », le val de Charles. Ainsi, aujourd'hui encore, une commune de l'Eure porte le nom d'un roi qui n'a jamais vu se dresser le palais dont il rêvait. Peu de lieux disent aussi bien la fragilité des grandes ambitions humaines — et la puissance d'une idée, capable de survivre à la pierre qui lui manqua.

Infos pratiques

Il n'existe pas, à Charleval, de château à visiter : le palais de Charles IX n'a jamais été bâti, et les vestiges (fossés, communs, cheminée remployée) sont dispersés dans le bourg. Les éléments conservés ne bénéficient d'ailleurs pas d'une protection au titre des Monuments historiques, mais figurent à l'inventaire du patrimoine. Pour toute information, il convient de s'adresser à la mairie de Charleval ou à l'office de tourisme local. À Charleval (Eure), aux portes de la forêt de Lyons.

Histoire

À Charleval, dans l'Eure, s'élevait — ou plutôt aurait dû s'élever — l'un des plus fous rêves architecturaux de la Renaissance française. Vers 1570, le roi Charles IX, séduit par ce site aux abords de la forêt de Lyons, décide d'y bâtir un palais colossal. Il en confie les plans au plus grand architecte du temps, Jacques Androuet du Cerceau, et rebaptise lui-même le village « Charleval » — « le val de Charles » — en 1573.

Le projet était démesuré : un immense palais régulier, à cours multiples, ceinturé de canaux, que l'on a dit plus vaste encore que Chambord. Mais l'histoire en décida autrement. Le chantier, ralenti par les troubles des guerres de Religion, s'arrêta net à la mort du jeune roi, en 1574 : Charles IX n'avait que vingt-trois ans, et seul le rez-de-chaussée d'un corps de bâtiment avait émergé de terre.

Le palais ne fut jamais achevé. Repris au XVIIᵉ siècle par un président du Parlement de Normandie, le domaine tomba peu à peu, et il n'en subsiste aujourd'hui que de maigres vestiges. Charleval est ainsi ce cas rare : un grand château Renaissance célèbre qui n'a presque jamais existé qu'en projet — sur les gravures de son architecte.

Aujourd'hui, seuls les amateurs d'histoire et les curieux font le détour par Charleval. Ils n'y trouveront pas de château, mais quelque chose de plus rare peut-être : la trace d'une ambition, le souvenir d'un roi qui voulut rivaliser avec les plus grands bâtisseurs, et l'écho d'un chantier fauché en plein élan. À l'heure où l'on visite tant de monuments achevés, Charleval offre la méditation inverse — celle d'un chef-d'œuvre resté à jamais dans les limbes du possible.

Contes, légendes & anecdotes

Charleval est le château qui n'a jamais été. Charles IX en rêvait un palais si vaste qu'il aurait éclipsé Chambord ; la mort du roi l'a réduit à une poignée de pierres. Ce destin brisé donne au lieu une singulière poésie : on ne visite pas des ruines, mais l'ombre d'un rêve, le fantôme d'un palais qui n'a existé que dans l'esprit d'un roi et sur le papier d'un architecte.

Car c'est là le paradoxe : le château de Charleval est parfaitement connu — non par ses murs, mais par les gravures de Jacques Androuet du Cerceau. Publiées en 1579 dans son fameux recueil des « Plus Excellents Bastiments de France », elles montrent le palais tel qu'il aurait dû être, dans le moindre détail. On peut ainsi arpenter du regard un monument entier qui ne fut jamais construit — l'un des plus beaux « châteaux de papier » de la Renaissance.

Sources

  • Base Mérimée, notice IA00017328 (inventaire général, POP, ministère de la Culture)
  • Jacques Androuet du Cerceau, « Les Plus Excellents Bastiments de France » (1579)
  • Wikipédia, « Château de Charleval » et « Charleval (Eure) »

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Fiche mise à jour le 8 septembre 2026

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