Quelle favorite de François Iᵉʳ était l'épouse de Jean de Laval, bâtisseur du palais Renaissance de Châteaubriant ?
À voir
Deux châteaux en un
Franchissez l'entrée et embrassez la cour du regard : d'un côté, la masse sévère de la forteresse médiévale ; de l'autre, l'élégance claire du palais Renaissance. C'est tout l'intérêt de Châteaubriant que ce face-à-face. Du château fort primitif subsistent le donjon, remontant aux origines, la chapelle et des éléments de l'enceinte fortifiée — la mémoire des temps où l'on bâtissait pour se défendre.
Le palais de Jean de Laval
Tournez-vous vers le logis Renaissance élevé par Jean de Laval : ses façades ordonnées, sa galerie ouverte sur la cour et son grand escalier à vis disent le goût nouveau venu d'Italie, celui d'une architecture faite pour le plaisir et l'apparat autant que pour la défense. C'est ici que l'on préparait la venue du roi ; c'est ici que battit, un temps, le cœur d'une petite cour provinciale éprise de faste.
Les jardins des Terrasses
Ne repartez pas sans flâner sur l'esplanade et les jardins des Terrasses, aménagés au pied du château et aujourd'hui en accès libre. De là, on prend du recul sur les deux monuments et l'on comprend la logique du site : une position dominante, un vaste espace clos, et cette juxtaposition, presque pédagogique, de deux siècles d'architecture.
Un monument départemental
Propriété du département de la Loire-Atlantique depuis 1853, le château est aujourd'hui un site patrimonial ouvert à tous. On y visite le logis Renaissance en visite guidée, tandis que les jardins et l'esplanade s'offrent librement à la promenade. C'est l'un de ces monuments où l'histoire savante et le simple plaisir de flâner se rejoignent, au cœur de la petite ville de Châteaubriant.
Quand François Iᵉʳ vint à Châteaubriant
L'année 1532 marque l'apogée de Châteaubriant. Cette année-là, le roi François Iᵉʳ vint séjourner au château, et l'événement précipita l'achèvement du palais Renaissance que Jean de Laval faisait bâtir. Recevoir le roi était un honneur redoutable : il fallait un cadre digne de lui, des logis neufs, des galeries, une magnificence à la mesure de la cour la plus brillante d'Europe. Jean de Laval, dont l'épouse Françoise de Foix avait été quelques années plus tôt la favorite du souverain, avait toutes les raisons de vouloir éblouir. On imagine l'animation de ces journées : les équipages, les tentures déployées, les fêtes données dans la cour où se répondaient déjà la vieille forteresse et le logis neuf. De ce moment de gloire, le château garde l'ambition inscrite dans ses façades Renaissance — celle d'un grand seigneur qui, le temps d'une visite royale, voulut faire de sa demeure bretonne un petit Fontainebleau. C'est cette mémoire, autant que la pierre, que l'on vient chercher aujourd'hui à Châteaubriant.
Infos pratiques
Les jardins et l'esplanade sont en accès libre et gratuit (du mercredi au dimanche, jusqu'à 19h30 en été). Le château se découvre en visite guidée, à des horaires et des jours variables selon la saison ; comptez de 3 à 6 € pour la visite guidée, avec gratuité pour les moins de 26 ans, les demandeurs d'emploi et les personnes handicapées. Fermé en janvier et lors de certains jours fériés. Place Charles-de-Gaulle, à Châteaubriant (Loire-Atlantique) ; vérifiez les horaires sur le site officiel.
Histoire
Aux marches de la Bretagne, de l'Anjou et du Poitou, le château de Châteaubriant réunit sur un même site deux monuments en un : une forteresse médiévale et un palais de la Renaissance. La forteresse est la plus ancienne : elle fut fondée au début du XIᵉ siècle par un seigneur nommé Brient, qui donna son nom au lieu et à la ville née dans son ombre.
Le palais Renaissance, lui, est l'œuvre d'un seul homme : Jean de Laval-Châteaubriant. Dès 1524, il entreprend d'élever, à côté du vieux château fort, un logis neuf tout à la mode nouvelle ; les travaux s'accélèrent en 1532, à l'occasion de la venue du roi François Iᵉʳ. Jean de Laval avait épousé, en 1509, Françoise de Foix, l'une des plus belles femmes de la cour — et qui fut, plusieurs années durant, la maîtresse du roi. Ce lien royal explique en partie l'ambition du chantier : on ne recevait pas François Iᵉʳ dans n'importe quel décor.
Après l'extinction de la lignée, le château connut des fortunes diverses, avant d'être acquis par le département de la Loire-Atlantique en 1853. Il abrita longtemps le tribunal et la sous-préfecture, aujourd'hui partis. Devenu site patrimonial ouvert au public, il offre le rare spectacle d'un ensemble où le Moyen Âge des forteresses et la Renaissance des palais se font face, séparés par une simple cour.
Contes, légendes & anecdotes
Une légende romantique s'attache à Châteaubriant, celle de la mort de Françoise de Foix. On a raconté que son mari, Jean de Laval, fou de jalousie après la disgrâce de son épouse auprès du roi, l'aurait enfermée dans une chambre tendue de noir et aurait comploté contre sa vie. Le récit a fait couler beaucoup d'encre — mais les historiens le démentent : Françoise mourut à Châteaubriant en 1537 sans qu'aucune preuve de meurtre n'ait jamais été établie. La chambre noire et le mari vengeur appartiennent au roman, non à l'histoire.
Ce qui est sûr, c'est le chagrin — ou le devoir — de Jean de Laval : il fit élever à son épouse un tombeau orné de sa statue, avec une épitaphe que composa nul autre que le poète Clément Marot, alors protégé du comte. De la favorite de François Iᵉʳ, il reste ainsi, à Châteaubriant, le souvenir mêlé d'une légende noire et d'un hommage de pierre et de vers.
Sources
- Base Mérimée, notice PA00108582 (POP, ministère de la Culture)
- Château de Châteaubriant — Grand Patrimoine de Loire-Atlantique (site officiel)
- Wikipédia, « Château de Châteaubriant » et « Françoise de Foix »
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Fiche mise à jour le 8 septembre 2026





