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Château de Montreuil-Bellay — château à Montreuil-Bellay (49), monument historique (Classé MH)

Monument

Château de Montreuil-Bellay

XVe–XVIe s.·Château / Demeure·Montreuil-Bellay (49)·Classé MH·Charles VIII, Louis XII, François Ier
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Château de Montreuil-Bellay — château à Montreuil-Bellay, Maine-et-Loire, classé mh
Château de Montreuil-Bellay — château à Montreuil-Bellay, Maine-et-Loire, façade, classé mh
Château de Montreuil-Bellay — château à Montreuil-Bellay, Maine-et-Loire, intérieur, classé mh

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Quiz du monument

Quelle rare pièce médiévale, chauffée par un foyer central sous voûte, fait la célébrité de Montreuil-Bellay ?

À voir

Une forteresse presque intacte

Approchez Montreuil-Bellay par la vallée du Thouet et prenez la mesure de son enceinte : près de six cents mètres de remparts jalonnés d'une dizaine de tours ceignent encore le site, comme au Moyen Âge. Le châtelet d'entrée, bâti en 1457-1458, dresse ses trois niveaux au-dessus du chemin. Peu de châteaux offrent une ceinture fortifiée aussi complète.

La cuisine à l'âtre central

Le joyau de la visite est une pièce inattendue : la cuisine médiévale. Sous une haute voûte, un foyer central évacuait la fumée par une cheminée en pyramide — un type de cuisine que l'on ne rencontre plus guère que dans les grandes abbayes, comme à Fontevraud toute proche. Levez les yeux vers la voûte : on imagine sans peine l'animation des jours de festin.

Des logis meublés

Franchie l'enceinte, ce sont de véritables demeures qui apparaissent : le Logis Vieux et le Logis Neuf, aux XVᵉ et XVIᵉ siècles, offrent des salles meublées, un bel escalier et des caves voûtées creusées dans le roc. La visite, faite en partie de pièces habitées, garde la chaleur d'une maison plus que la froideur d'un musée.

La collégiale et le vignoble

Ne quittez pas les lieux sans un regard pour la collégiale Notre-Dame, ancienne chapelle du château devenue église, achevée à la fin du XVᵉ siècle. Le domaine exploite par ailleurs un vignoble, et l'on peut prolonger la visite par une dégustation dans les caves — façon de rappeler que le château, ici, n'a jamais cessé d'être un lieu vivant.

Quand les rois s'y arrêtaient

Place forte sur la frontière mouvante de l'Anjou et du Poitou, Montreuil-Bellay a vu défiler, au fil des siècles, bien des grands personnages du royaume. La tradition et les chroniques y font halte Charles VII, puis Charles VIII à deux reprises, à la fin du XVᵉ siècle, enfin Louis XIII au début du XVIIᵉ. On imagine l'animation de ces séjours royaux : la cour s'installant dans les logis, les cuisines à plein feu, les remparts pavoisés. Le château tenait alors son rang de résidence seigneuriale autant que de forteresse, capable d'accueillir un souverain et sa suite dans le confort d'une grande demeure. Cette double nature — militaire et résidentielle — est ce qui frappe encore le visiteur : franchi le châtelet et l'enceinte, on découvre non pas une simple ruine défensive, mais un ensemble habité, où les logis meublés, la collégiale, les caves et le vignoble composent un petit monde clos. Rares sont les forteresses médiévales à avoir traversé les siècles aussi complètes, sans être ni rasées ni dénaturées : Montreuil-Bellay offre ainsi l'image, presque intacte, de ce qu'était une grande maison forte à la charnière du Moyen Âge et de la Renaissance.

Infos pratiques

Ouvert du printemps à l'automne (avec fermeture le mardi hors juillet-août) ; horaires variables selon la saison — mieux vaut les vérifier sur le site officiel avant de venir. Tarifs indicatifs : adulte 13 €, enfant (7-18 ans) 7,50 €, gratuit pour les plus jeunes. Place des Ormeaux, à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), à une quinzaine de kilomètres au sud de Saumur.

Histoire

Aux confins de l'Anjou et du Poitou, dominant la vallée du Thouet, le château de Montreuil-Bellay est l'une des rares forteresses médiévales de l'Anjou parvenues presque intactes jusqu'à nous. Son histoire commence vers l'an mille, lorsque Foulques Nerra, le redoutable comte d'Anjou, inféode la place à son vassal Berlay — dont le nom, déformé en Bellay, désignera à jamais le lieu.

Prise par Philippe Auguste au début du XIIIᵉ siècle, la forteresse est puissamment reconstruite : de cette époque datent l'essentiel de l'enceinte et de ses tours. Mais le château doit son visage résidentiel à la seconde moitié du XVᵉ siècle, lorsque Guillaume d'Harcourt et son épouse Yolande de Laval font édifier, à l'abri des remparts, de véritables logis d'habitation — le Logis Vieux, le Logis Neuf, le châtelet d'entrée (1457-1458) et la collégiale Notre-Dame. On passe alors de la forteresse de guerre à la demeure de plaisance, sans rien démolir de l'appareil défensif.

Au fil des siècles, le château reçoit rois et grands personnages — de Charles VII à Louis XIII — et connaît des heures sombres : confisqué à la Révolution, il sert un temps de prison. Toujours habité et soigneusement entretenu, il demeure aujourd'hui une propriété privée, ouverte à la visite et entourée de son vignoble.

Ceinture de remparts intacte, logis meublés, cuisine médiévale, collégiale et vignoble : peu de sites offrent, dans un tel état de conservation, l'image complète d'une grande seigneurie d'autrefois. C'est là tout le prix de Montreuil-Bellay — non pas un donjon isolé ni une ruine romantique, mais un ensemble vivant, où mille ans d'histoire se laissent lire d'un seul regard, des premières pierres de Foulques Nerra aux ceps qui mûrissent encore au pied des murs.

Contes, légendes & anecdotes

La Révolution a laissé au château une mémoire singulière. Saisi comme bien d'émigré, Montreuil-Bellay fut transformé en prison — et l'on y enferma notamment des religieuses restées fidèles au roi, que la tradition locale appelle « les Nonnes ». Ces femmes, recluses derrière les murs qui avaient abrité des rois, ont laissé le souvenir d'un des épisodes les plus émouvants de l'histoire du lieu.

Un siècle plus tôt, le château avait déjà servi de résidence forcée à une princesse : Anne-Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville, l'une des grandes figures de la Fronde, y fut exilée en 1653 après avoir défié le pouvoir royal. De la reine captive à la frondeuse en disgrâce, Montreuil-Bellay a plus d'une fois été le refuge doré de celles que l'Histoire mettait à l'écart.

Sources

  • Base Mérimée, notice PA00109195 (POP, ministère de la Culture)
  • Château de Montreuil-Bellay — site officiel
  • Saumur Val de Loire Tourisme / Anjou Tourisme
  • Wikipédia, « Château de Montreuil-Bellay »

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Fiche mise à jour le 8 septembre 2026

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