HitsMap
Château de Lanquais — château à Lanquais (24), monument historique (Classé MH)

Monument

Château de Lanquais

XVe-XVIe siècles·Château / Demeure·Lanquais (24)·Classé MH·Galliot de La Tour
◄ Tous les sites Renaissance en Nouvelle-Aquitaine
Château de Lanquais — château à Lanquais, Dordogne, classé mh
Château de Lanquais — château à Lanquais, Dordogne, façade, classé mh
Château de Lanquais — château à Lanquais, Dordogne, intérieur, classé mh

Sur place ? Réclamez votre carte et vos points de visite.

Quiz du monument

Quelles marques des guerres de Religion voit-on encore sur le château de Lanquais ?

À voir

En Périgord, le château de Lanquais offre un raccourci saisissant : d'un côté une tour médiévale, de l'autre une aile Renaissance d'une ambition telle qu'on l'a comparée au Louvre. Deux mondes, un seul château.

Pour HitsMap, Lanquais est un livre d'architecture à ciel ouvert, où le gothique et la Renaissance se répondent, pierre contre pierre.

Deux styles, un seul château : ce qu'il faut regarder

Placez-vous face à l'ensemble : à droite, la tour médiévale, massive et défensive ; à gauche, l'aile Renaissance, ajourée de fenêtres régulières et ornée à l'antique. Le passage de l'une à l'autre se fait presque sans transition — et c'est tout le prix de Lanquais. On y voit, en une seule façade, la France quitter le Moyen Âge pour entrer dans la Renaissance.

Les traces des guerres de Religion

Approchez-vous des murs de l'aile Renaissance et cherchez les impacts de boulets : ils datent du siège de 1577, quand le château fut canonné par les troupes protestantes. Ces cicatrices, rares à subsister, font de Lanquais un témoin direct des guerres de Religion — la beauté du décor et la violence de l'Histoire, gravées côte à côte.

Les cheminées italiennes

À l'intérieur, ne manquez pas les cheminées monumentales, d'inspiration italienne, commandées vers 1600. Leur décor sculpté, leur ampleur, leur raffinement en font des pièces maîtresses — la preuve que, même marqué par la guerre, Lanquais ne renonça jamais au luxe et au goût.

Le « Louvre inachevé »

Prenez la mesure, enfin, de l'ambition du projet. Le surnom de « Louvre inachevé du Périgord » n'est pas usurpé : l'aile Renaissance, si elle avait été poursuivie, aurait fait de Lanquais l'un des plus grands châteaux du Sud-Ouest. Là encore, la guerre en décida autrement.

La tour médiévale

Arrêtez-vous sur la tour fortifiée du corps ancien : ses murs épais, ses ouvertures étroites rappellent le temps où l'on bâtissait pour se défendre. C'est le socle sur lequel la Renaissance vint, un siècle plus tard, greffer son élégance — deux âges de l'architecture emboîtés.

Des salles meublées

Parcourez les intérieurs : Lanquais conserve des salles meublées qui racontent la vie du château à travers les siècles. Mobilier, cheminées et décors composent une atmosphère habitée, loin des châteaux-musées figés.

Les cinq angles de lecture HitsMap

  1. Historique — un château marqué par les guerres de Religion, assiégé en 1577.
  2. Architectural — la cohabitation d'une tour médiévale et d'une aile Renaissance ambitieuse.
  3. Militaire — les impacts de boulets encore visibles sur les murs.
  4. Artistique — les cheminées italiennes commandées vers 1600.
  5. Symbolique — le « Louvre inachevé du Périgord », rêve d'un château plus grand.

Pourquoi ce monument est essentiel pour comprendre la Renaissance

Lanquais rappelle que la Renaissance française ne s'est pas déployée dans la paix, mais au milieu des déchirements des guerres de Religion. Ici, on bâtit une aile magnifique tout en essuyant les canons ; on orne de cheminées italiennes un château criblé de boulets. Comprendre Lanquais, c'est comprendre que la beauté de la Renaissance a souvent grandi sur fond de violence — et n'en fut que plus obstinée.

Histoire

Le château de Lanquais, en Périgord, raconte en une seule silhouette le passage du Moyen Âge à la Renaissance. Au corps médiéval, avec sa tour fortifiée, vient s'accoler dans les années 1561-1574 une élégante aile Renaissance, commandée par Galliot de La Tour. Le contraste entre les deux est si frappant, et l'ambition du projet si haute, qu'on a surnommé Lanquais le « Louvre inachevé du Périgord ».

Le château fut aussi un théâtre des guerres de Religion. En 1577, le chef protestant Henri de La Tour d'Auvergne l'assiégea, faisant tirer, dit-on, quelque deux cents boulets de canon — dont les impacts se lisent encore sur les murs. Le siège interrompit les travaux ; ironie de l'histoire, l'assaillant finit par hériter du château en 1588.

Les intérieurs conservent de superbes cheminées d'inspiration italienne, commandées vers 1600 par Henri de La Tour d'Auvergne. Classé Monument historique en 1942, Lanquais reste habité et se visite, mêlant à jamais la rudesse de la forteresse et la grâce du palais.

Au-delà de son architecture, Lanquais est resté une demeure vivante, habitée et transmise, ce qui explique son bon état de conservation. On y visite des salles meublées qui donnent chair à cette double histoire, médiévale et Renaissance.

Contes, légendes & anecdotes

Les murs de Lanquais portent une mémoire de guerre : les impacts des boulets tirés lors du siège de 1577 y sont encore visibles, cicatrices d'un temps où la Renaissance des arts côtoyait la fureur des armes. On raconte que près de deux cents projectiles s'abattirent sur le château.

L'histoire a le goût de l'ironie : celui-là même qui le canonna, le protestant Henri de La Tour d'Auvergne, finit par en devenir le propriétaire, en 1588 — et fit orner ses intérieurs de somptueuses cheminées italiennes. De l'assaillant au maître des lieux, Lanquais aura tout connu.

Sources

  • Plateforme ouverte du patrimoine (base Mérimée / POP) — Château de Lanquais
  • Château de Lanquais (site officiel)
  • Wikipédia — Château de Lanquais
  • Wikimedia Commons (photographies)

Votre avis nous dit quoi améliorer : les photos, le texte, la position.

Fiche mise à jour le 8 septembre 2026

Pour aller plus loin