Quel roi de France mourut à l'hôtel Groslot d'Orléans, en 1560 ?
À voir
Une façade de brique et de pierre
Postez-vous devant l'hôtel Groslot, sur la place de l'Étape, et prenez le temps de lire sa façade. La brique rouge y dessine, par endroits, des motifs de losanges sombres, sertie de chaînages et d'encadrements de pierre blanche : c'est l'élégante polychromie des demeures Renaissance du Val de Loire. Le corps central, flanqué de pavillons, s'orne de hautes lucarnes et de tourelles.
Ce qui est Renaissance, ce qui est du XIXe
Un mot de prudence pour le regard : le grand escalier extérieur à double volée qui mène à l'entrée, si photogénique, n'est pas d'origine. Il fut ajouté, comme une large part du décor, lors de la restauration de 1850-1855, dans le goût néo-Renaissance. De même, la belle statue de Jeanne d'Arc en prière, au pied du perron, est une œuvre du XIXᵉ siècle, due à la princesse Marie d'Orléans. Le noyau Renaissance authentique, lui, se lit surtout dans la façade de brique et les proportions de l'édifice.
À l'intérieur, la mémoire des rois
L'hôtel se visite librement. À l'intérieur, on traverse le salon d'honneur, l'ancienne salle du conseil municipal, l'ancien bureau du maire et la salle des mariages, ornés de plafonds à caissons, de toiles peintes, de boiseries sculptées, de cuirs de Cordoue et de tapisseries d'Aubusson. C'est ici que mourut François II ; un tableau du XIXᵉ siècle en rappelle le souvenir. Ne manquez pas, à l'arrière, le jardin où a été remontée la façade de l'ancienne chapelle Saint-Jacques.
Un architecte de la Renaissance
La conception de l'hôtel est traditionnellement attribuée à Jacques Iᵉʳ Androuet du Cerceau, figure majeure de l'architecture française du XVIᵉ siècle, célèbre pour ses recueils gravés des « Plus excellents bastiments de France ». La notice officielle reste prudente — aucun document ne le nomme avec certitude —, mais le raffinement de la façade et son vocabulaire ornemental s'accordent bien avec la manière de ce maître, qui diffusa dans tout le royaume le goût de la Renaissance.
Le jardin et la chapelle
Ne repartez pas sans gagner le jardin, à l'arrière de l'hôtel : on y a remonté, au XIXᵉ siècle, la façade de l'ancienne chapelle Saint-Jacques, sauvée de la démolition. C'est un havre de verdure en plein centre-ville, d'où l'on embrasse, d'un autre point de vue, la silhouette de brique et de pierre de la demeure.
Place de l'Étape
L'hôtel domine la place de l'Étape, vaste esplanade ouverte au cœur d'Orléans, à quelques pas de la cathédrale Sainte-Croix. C'est l'un des points de rendez-vous de la ville, animé les jours de marché et de fête ; le monument, gratuit et ouvert tous les jours, s'y offre à tous les regards.
Infos pratiques
Entrée gratuite. L'hôtel est ouvert tous les jours, de 9h à 19h, avec des fermetures ponctuelles lors des mariages et cérémonies. Place de l'Étape, derrière la cathédrale Sainte-Croix, en plein centre d'Orléans ; accès aisé depuis le tramway.
Histoire
Sur la place de l'Étape, à deux pas de la cathédrale d'Orléans, l'hôtel Groslot dresse sa façade de brique rouge et de pierre. Il fut bâti au milieu du XVIᵉ siècle pour Jacques Groslot, bailli d'Orléans, et la tradition en attribue la conception à Jacques Iᵉʳ Androuet du Cerceau, l'un des grands architectes de la Renaissance française. Les travaux se déroulent de 1549 à 1558 environ.
À peine achevé, l'hôtel entre dans l'histoire du royaume. L'automne 1560 est un moment de crise : les tensions religieuses montent, et le roi convoque les États généraux à Orléans. La cour s'y installe, et l'hôtel Groslot, tout neuf et parmi les plus beaux de la ville, est choisi pour héberger le souverain. C'est donc au cœur d'une France au bord des guerres de Religion que le jeune François II vient passer ses dernières semaines. Il y meurt le 5 décembre 1560, à dix-sept ans, laissant veuve son épouse Marie Stuart. D'autres souverains — Charles IX, Henri III, Henri IV — séjourneront encore dans ces murs, qui furent, quelques semaines, le centre du pouvoir.
Vendu à la ville en 1738, l'hôtel devient mairie en 1790. Au milieu du XIXᵉ siècle, une grande restauration lui donne son allure actuelle : on lui ajoute le majestueux perron à double volée et l'on dresse, au pied de l'escalier, une statue de Jeanne d'Arc en prière due à la princesse Marie d'Orléans. Aujourd'hui encore hôtel de ville et lieu de cérémonies, il est le bâtiment gratuit le plus visité d'Orléans.
Rendu à la ville, l'hôtel n'a jamais cessé d'être un lieu vivant : mairie sous la Révolution, cadre des grandes cérémonies municipales, il continue d'accueillir les Orléanais pour les moments importants de leur vie. Rares sont les demeures Renaissance à avoir conservé, cinq siècles durant, une fonction publique aussi continue — des États généraux de 1560 aux mariages d'aujourd'hui, l'hôtel Groslot n'a jamais quitté le cœur de la cité.
Contes, légendes & anecdotes
Le 5 décembre 1560, un jeune roi de dix-sept ans s'éteint dans l'hôtel Groslot. François Iᵉʳ — pardon, François II —, fils aîné de Henri II et de Catherine de Médicis, époux de la reine d'Écosse Marie Stuart, meurt d'une infection de l'oreille qui a dégénéré. Sa disparition ouvre le règne de son frère Charles IX, sous la régence de leur mère : l'hôtel d'Orléans a vu, en quelques jours, basculer le destin de la France. Un tableau conservé sur place, peint au XIXᵉ siècle, immortalise la scène de cette mort royale.
Le lieu a depuis changé de vocation : la demeure des rois est devenue la maison des mariages. C'est aujourd'hui dans l'ancienne salle du conseil, sous les plafonds à caissons et les tapisseries, que les Orléanais se disent oui — près de quatre-vingt mille visiteurs franchissent chaque année, gratuitement, le seuil de l'hôtel Groslot.
Sources
- Base Mérimée, notice PA00098851 (POP, ministère de la Culture)
- Ville d'Orléans — hôtel Groslot (horaires, gratuité, histoire)
- Tourisme Loiret
- Wikipédia, « Hôtel Groslot »
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Fiche mise à jour le 8 septembre 2026







