Qu'a-t-on voulu lire dans le décor sculpté de la façade du Mas de la Brune ?
À voir
Un manoir Renaissance dans les Alpilles
Le Mas de la Brune surprend d'abord par sa présence : une façade de vraie demeure Renaissance, en belle pierre des Baux dorée, plantée au milieu de la campagne d'Eygalières. Placez-vous face à l'élévation sud, la plus spectaculaire, et laissez le regard monter. À l'angle, une échauguette ronde en encorbellement, coiffée d'un dôme richement sculpté, donne à la maison une silhouette de petit château. Les fenêtres à meneaux s'alignent en travées, et le portail s'orne d'un cartouche gravé.
Une façade à déchiffrer
Approchez-vous des murs : le mas est célèbre pour son décor « en livre ouvert ». Des inscriptions y sont gravées, des sentences sur la brièveté de la vie et la destinée de l'âme, mêlées à des motifs que les curieux ont voulu lire comme un message alchimique. Que l'on y croie ou non, l'intention est là : faire de la pierre une page, et de la demeure une énigme à méditer.
Le Jardin de l'Alchimiste
Aux pieds du manoir s'étendait le Jardin de l'Alchimiste, imaginé en 1997 dans l'esprit du décor : un parcours en trois jardins, l'Œuvre au noir, au blanc et au rouge, jouant des couleurs, des parfums et des symboles. Pensé pour s'épanouir au cœur de l'été, il traduisait en végétal la quête inscrite sur la façade — l'un des jardins contemporains les plus originaux de Provence.
Un lieu à respecter
Le Mas de la Brune reste avant tout un domaine privé, chargé d'histoire et de silence, au milieu d'un paysage d'oliviers et de cyprès. On l'aborde donc avec discrétion, depuis les chemins qui l'entourent, en admirant de loin cette rareté architecturale — un fragment de Renaissance égaré dans la lumière des Alpilles.
Un manoir au pays des Alpilles
Le Mas de la Brune ne se comprend pas sans son paysage. Nous sommes à Eygalières, l'un des plus beaux villages des Alpilles, ce petit massif de calcaire blanc cher aux peintres et aux poètes, à quelques kilomètres de Saint-Rémy-de-Provence — la patrie de Nostradamus, dont l'ombre plane volontiers, dans l'imaginaire des visiteurs, sur un manoir aussi chargé de symboles. Bâti dans la belle pierre dorée des Baux, le mas a d'abord été une demeure de notable, avant de connaître mille vies : sous ses combles, une magnanerie abrita longtemps l'élevage des vers à soie, cette industrie qui fit la fortune de la Provence rurale. Plus près de nous, il fut hôtel de charme et cadre d'un festival de musique, avant que l'on aménage à ses pieds le fameux Jardin de l'Alchimiste. L'intérieur, que l'on ne visite pas, prolongeait le programme symbolique de la façade : un escalier interprété comme un « arbre de vie », les quatre évangélistes veillant aux angles. Tout, dans cette maison, semble avoir été pensé comme une méditation de pierre — ce qui explique la fascination durable qu'elle exerce, et le halo de légende qui l'entoure, entre histoire attestée et rêveries d'alchimistes.
Infos pratiques
Le manoir est une propriété privée : il ne se visite pas. Le Jardin de l'Alchimiste, autrefois ouvert au public durant l'été, n'est aujourd'hui plus accessible (la propriété ayant été mise en vente) ; mieux vaut se renseigner auprès de l'Office de tourisme des Alpilles / Saint-Rémy-de-Provence avant d'envisager toute visite. Le mas se situe à Eygalières, à une dizaine de kilomètres à l'est de Saint-Rémy-de-Provence.
Histoire
Au cœur des Alpilles, à l'écart du village d'Eygalières, le Mas de la Brune est une apparition : un manoir Renaissance en pierre des Baux, dressé en pleine campagne provençale, là où l'on n'attend que mas et bergeries. Bâti en 1572, il passe pour l'un des rares — sinon le seul — édifices Renaissance de ces collines. On en attribue la construction à un maître maçon venu du Vivarais, Gaston-Flayelle, à qui l'on doit aussi l'hôtel de Manville, aux Baux-de-Provence.
Le nom de son commanditaire s'est perdu dans l'incertitude : certains y voient un consul d'Eygalières, d'autres un alchimiste anonyme, tant le décor sculpté de la façade se prête aux lectures symboliques. Ce qui est sûr, c'est le soin extrême apporté à cette demeure, pensée comme un livre de pierre à déchiffrer.
Au fil des siècles, le mas a connu bien des usages : magnanerie pour l'élevage des vers à soie sous ses combles, puis, plus près de nous, hôtel de charme et cadre d'un festival de musique. En 1997 fut créé, à ses pieds, le célèbre Jardin de l'Alchimiste. Redevenu propriété privée, le manoir ne se visite plus aujourd'hui.
Rare, secret, chargé de symboles, le Mas de la Brune est de ces lieux qui intriguent plus qu'ils ne se livrent. Fragment de Renaissance planté au milieu des Alpilles, il continue, du fond de son domaine privé, d'attiser la curiosité des passants et l'imagination des amateurs d'énigmes — comme si la façade « en livre ouvert » n'avait pas fini de délivrer son message.
Contes, légendes & anecdotes
La façade du Mas de la Brune se lit comme un grand livre ouvert. Ses murs portent des inscriptions gravées, méditations sur la vie, la mort et le salut, et un décor que l'on a rapproché de la symbolique alchimique — au point que la légende a fait du bâtisseur un alchimiste en quête du Grand Œuvre. À l'intérieur, un escalier a été interprété comme un « arbre de vie » inversé, et les quatre évangélistes veillent aux écoinçons. Rien n'est prouvé de cette lecture ésotérique, mais elle ajoute au lieu un parfum de mystère qui ne l'a jamais quitté.
C'est cet esprit qu'a voulu prolonger le Jardin de l'Alchimiste, créé en 1997 par les paysagistes Arnaud Maurières et Éric Ossart. Conçu comme un parcours initiatique en trois étapes — l'Œuvre au noir, au blanc et au rouge —, ce jardin d'été traduisait en plantes et en couleurs la quête symbolique inscrite sur les murs du mas.
Sources
- Base Mérimée, notice PA00081246 (POP, ministère de la Culture)
- Office de tourisme Destination Alpilles
- Wikipédia, « Jardin de l'alchimiste »
- Wikimedia Commons — Mas de la Brune (Eygalières)
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Fiche mise à jour le 8 septembre 2026





